Les affirmations positives fonctionnent-elles ? Ce que révèlent plus de 30 ans de recherche
Les affirmations positives peuvent aider certaines personnes, surtout lorsqu’elles s’appuient sur des valeurs importantes, soutiennent une action précise et paraissent crédibles. Elles ne sont pas magiques, et des formulations excessivement positives peuvent aggraver le mal-être de certaines personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes. L’approche la plus utile consiste généralement à se parler en termes de processus, par exemple « j’apprends à gérer cela », plutôt qu’à formuler une grande déclaration que votre esprit rejette immédiatement.
La réponse honnête est oui et non. Les affirmations positives ne sont pas un raccourci vers la confiance en soi, la richesse, le bonheur ou la guérison. Mais une pratique réfléchie peut constituer une forme utile de soutien personnel, en particulier lorsqu’elle vous rappelle les valeurs qui comptent pour vous et vous aide à faire un prochain pas réaliste.
Nous avons créé Vylo parce que nous voulions une manière plus douce d’interrompre le dialogue intérieur automatique et sévère. Nous avons aussi constaté les limites des conseils habituels : répéter « je suis formidable » quand on se sent très mal peut tomber à plat. La recherche ne justifie pas une promesse valable pour tout le monde. Elle offre toutefois une vision plus nuancée et plus pratique.
Les affirmations positives fonctionnent-elles, selon la recherche ?
Les affirmations positives peuvent fonctionner comme pratique de soutien, mais leurs effets dépendent de la personne, de la formulation, de la situation et de ce que « fonctionner » signifie pour vous. Les recherches soutiennent l’idée que l’affirmation de soi peut protéger le sentiment d’intégrité personnelle face au stress. Elles ne prouvent pas que répéter n’importe quelle phrase positive changera votre vie.
Une théorie fondatrice vient du psychologue social Claude Steele et de sa théorie de l’affirmation de soi, publiée en 1988. En termes simples, cette théorie suggère que lorsque nous nous sentons menacés ou jugés, le fait de nous rappeler une valeur importante ou une qualité à laquelle nous tenons peut nous aider à faire face à des informations difficiles sans devenir défensifs. Par exemple, une personne qui accorde de l’importance au fait d’être un parent attentionné pourrait être davantage en mesure d’entendre des remarques au travail sans conclure qu’elle est totalement incapable.
Cette approche est très différente de la version populaire des affirmations positives. Les recherches portent souvent sur la réflexion autour de valeurs personnelles générales, et non sur la répétition de déclarations ambitieuses devant un miroir. Une affirmation peut prendre la forme d’une phrase, mais son rôle utile consiste généralement à élargir votre perspective : « Cet échec compte, mais il ne résume pas qui je suis. »
Les études menées dans ce domaine ont montré que les affirmations fondées sur les valeurs peuvent modifier la manière dont les gens réagissent aux menaces dans certains contextes, notamment face aux messages de santé et au stress universitaire. Les résultats varient, parfois considérablement, selon le contexte et les participants. C’est pourquoi la conclusion responsable n’est pas « les affirmations positives fonctionnent toujours ». C’est plutôt : « elles peuvent aider dans certaines conditions, et la méthode compte. »
Si vous souhaitez approfondir le contexte scientifique, nous présentons les données et leurs limites dans notre guide sur la science des affirmations positives et du cerveau.
À quoi servent réellement les affirmations positives ?
Les affirmations positives utiles sont censées soutenir une réaction plus stable face à un moment difficile, et non vous obliger à croire quelque chose d’évidemment faux. Elles peuvent vous aider à renouer avec une valeur, une capacité, une relation ou un prochain pas lorsque votre critique intérieur prend toute la place.
Voyez une affirmation comme une petite phrase de dialogue intérieur choisie consciemment. Nous avons tous un dialogue intérieur. La question est de savoir s’il vous aide à faire face et à agir, ou s’il alourdit encore une journée difficile. « Je gâche toujours tout » est aussi une phrase répétée, simplement pas une phrase que la plupart d’entre nous choisiraient volontairement.
Une affirmation bien choisie peut aider de plusieurs façons :
- Créer une légère distance avec une pensée tout ou rien.
- Vous rappeler qu’une performance, un rejet ou une erreur ne définit pas votre valeur.
- Remettre une valeur personnelle au premier plan lorsque vous vous sentez sous pression ou honteux.
- Transformer une autocritique vague en action gérable.
- Vous donner des mots pour faire preuve de compassion envers vous-même sans prétendre que le problème n’est pas réel.
Remarquez ce qui manque : les garanties. Une affirmation positive ne peut pas contrôler une autre personne, effacer un deuil, guérir une dépression, vous assurer une proposition d’embauche ou faire disparaître un problème sérieux. Elle peut constituer un petit soutien parmi d’autres, aux côtés du repos, d’une organisation concrète, de personnes de confiance, de soins médicaux, d’une thérapie ou de toute autre aide adaptée à votre situation.
Les affirmations positives sont-elles réelles, ou n’est-ce que de la pensée positive ?
Les affirmations positives sont réelles au sens ordinaire du terme : le dialogue intérieur intentionnel et la réflexion autour de nos valeurs peuvent influencer la manière dont nous interprétons le stress et prenons des décisions. Elles ne sont pas « réelles » au sens d’un mécanisme de loi de l’attraction qui ferait arriver des événements extérieurs parce que vous avez prononcé les bons mots.
Cette distinction est importante. L’autosuggestion possède une longue histoire culturelle, notamment avec le livre d’Émile Coué publié en 1922, Self Mastery Through Conscious Autosuggestion, mais une popularité historique ne constitue pas une preuve scientifique moderne. Les recherches actuelles sur l’affirmation de soi sont plus modestes et plus utiles : elles cherchent à savoir si réfléchir à ce qui compte peut modifier la manière dont les gens gèrent une menace psychologique précise.
La pensée positive peut devenir contre-productive lorsqu’elle vous demande de nier ce que vous savez. Si vous avez peur pour vos finances, « tout est parfait et l’abondance est illimitée » peut donner l’impression qu’on vous demande de détourner le regard des factures. Une phrase plus ancrée dans la réalité laisse de la place à ce qui se passe réellement : « L’argent est une source de stress en ce moment, et je peux faire un pas concret aujourd’hui. »
Ce n’est pas moins positif. C’est plus crédible. Votre esprit dispose ainsi de quelque chose sur quoi il peut réellement s’appuyer.
Les affirmations positives fonctionnent-elles en cas de faible estime de soi ?
Chez les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes, des déclarations très positives sur soi peuvent parfois produire l’effet inverse plutôt qu’aider. Les formulations crédibles, bienveillantes et centrées sur un processus constituent généralement un point de départ plus sûr. Une faible estime de soi persistante mérite aussi un soutien qui dépasse une routine d’affirmations positives.
L’étude clé est celle de Joanne Wood, W. Q. Elaine Perunovic et John W. Lee, publiée en 2009. Les participants répétaient la phrase « I am a lovable person. » Les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes n’ont pas obtenu les mêmes bénéfices que celles ayant une estime d’elles-mêmes plus élevée. Dans certaines conditions, l’exercice était associé à un mal-être accru dans le groupe ayant une faible estime de soi. Vous pouvez consulter l’article original, Positive Self-Statements: Power for Some, Peril for Others, via son DOI.
C’est l’aspect que de nombreuses listes d’affirmations positives passent sous silence. Si une phrase vous paraît artificielle, cela ne signifie pas que vous êtes cassé. Votre esprit perçoit peut-être un écart douloureux entre les mots et l’image que vous avez actuellement de vous-même. Se convaincre de manière toujours plus insistante est rarement la solution.
Chez Vylo, nous considérons la réaction « non, je n’y crois pas » comme une information utile. Commencez plus près de votre zone actuelle d’acceptation, c’est-à-dire par une phrase que votre esprit peut envisager sans la rejeter immédiatement. Vous n’avez pas besoin de passer directement de « je me déteste » à « je m’aime totalement ». Vous pouvez construire un pont.
| Quand une phrase vous paraît trop éloignée de ce que vous ressentez | Essayez une reformulation plus crédible |
|---|---|
| J’ai totalement confiance en moi. | J’apprends peu à peu à me parler avec davantage de confiance. |
| J’aime tout chez moi. | Je peux remarquer au moins une qualité que je respecte chez moi. |
| Je suis un immense succès. | Je peux faire un pas utile, même lorsque je doute. |
| Tout le monde m’apprécie. | Je mérite des relations dans lesquelles je suis traité avec respect. |
| Je ne fais jamais d’erreurs. | Une erreur peut m’apporter une information, sans constituer un verdict sur ma personne. |
Pour mieux comprendre cette réaction, consultez notre explication sur les raisons pour lesquelles les affirmations positives peuvent produire l’effet inverse chez certaines personnes. Ce n’est pas une raison d’abandonner le soutien personnel. C’est une raison d’utiliser une méthode qui respecte votre point de départ.
Que dit la recherche sur le cerveau à propos des affirmations positives ?
Les recherches en imagerie cérébrale suggèrent que réfléchir à des valeurs personnelles peut mobiliser des systèmes cérébraux impliqués dans le traitement de soi et l’évaluation. Elles ne montrent pas que les affirmations positives « reprogramment le cerveau », prédisent l’issue d’une vie ou fonctionnent de la même manière pour tout le monde.
Une étude en IRMf menée en 2016 par Cascio et ses collègues a examiné l’affirmation de soi et les réactions ultérieures à des messages de santé. Les chercheurs ont observé des associations impliquant des régions liées à l’évaluation et au traitement de soi, notamment le cortex préfrontal ventromédian. Leur article est disponible à l’adresse DOI: 10.1093/scan/nsv136.
C’est intéressant, mais il ne s’agit pas d’un tampon magique d’approbation apposé par une image du cerveau. L’IRMf mesure des variations de l’oxygénation du sang associées à l’activité neuronale. Elle ne peut pas lire une pensée, prouver qu’une phrase donnée transforme une personne ni nous dire qu’une pratique quotidienne d’affirmations positives produira le même effet chez vous.
La conclusion pratique est assez peu spectaculaire, ce qui est plutôt rassurant. Un rappel significatif de vos valeurs peut faire paraître un message menaçant moins agressif, et vous laisser ainsi davantage disposé à entreprendre une action utile. Si un bilan suggère un changement concernant votre santé, par exemple, réfléchir au fait d’être présent pour votre famille peut vous aider à prendre le conseil en compte plutôt qu’à vous fermer. Cette valeur ne remplace pas les soins médicaux. Elle peut vous aider à y recourir plus facilement.
Comment rendre les affirmations positives plus crédibles ?
La meilleure manière de rendre les affirmations positives plus efficaces consiste à les formuler comme un soutien crédible, au présent, orienté vers un processus ou une action. Utilisez des mots qui reconnaissent la difficulté tout en vous donnant une direction que vous pouvez honnêtement suivre.
Voici la méthode pratique à laquelle nous revenons pour créer les séries d’affirmations positives de Vylo :
- Décrivez le moment présent. Que se passe-t-il, sans dramatiser ? « Je suis anxieux avant cette réunion. »
- Identifiez la valeur ou le besoin. Qu’est-ce qui compte derrière cette émotion ? « Je veux communiquer clairement et avec respect. »
- Choisissez une phrase à votre portée. Écrivez une phrase que vous pouvez prononcer sans lever intérieurement les yeux au ciel.
- Associez-la à une action. Une phrase devient plus utile lorsqu’elle renvoie à quelque chose de concret.
- Vérifiez qu’elle vous correspond. Si elle vous crispe, vous fait honte ou vous met en colère, adoucissez la formulation et rapprochez-vous de ce qui vous paraît vrai.
Un exemple concret de série à la manière de Vylo pour une journée de travail difficile
Imaginez que vous avez fait une erreur au travail et que votre première pensée soit : « Je suis nul dans mon métier. » Plutôt que de la contrer avec « je suis le meilleur en tout », essayez cette série de trois phrases :
- « Cette erreur est inconfortable, et je peux y faire face. »
- « Je peux poser une question claire et comprendre ce qui doit être corrigé. »
- « Un moment difficile n’efface pas le travail que j’ai bien accompli. »
Associez ensuite cette série à une action de deux minutes : écrivez la question que vous devez poser, notez les faits que vous connaissez ou envoyez le premier message honnête. C’est la méthode centrée sur le processus, en pratique. Elle n’essaie pas de gagner un débat contre vos émotions. Elle vous aide à rester suffisamment présent pour réagir.
Si vos phrases vous paraissent toujours creuses, notre guide sur ce que vous pouvez faire lorsque les affirmations positives vous semblent artificielles propose d’autres manières d’ajuster le langage sans abandonner la pratique.
Quand les affirmations positives ont-elles le plus de chances d’aider ?
Les affirmations positives ont le plus de chances d’aider lorsqu’elles ont une signification personnelle, paraissent crédibles et sont liées à une situation réelle dans laquelle vous avez une certaine marge d’action. Elles sont généralement moins utiles lorsqu’elles sont génériques, forcées ou utilisées pour éviter un problème sérieux.
Dans la vie quotidienne, cela signifie souvent utiliser une phrase courte avant un moment qui déclenche régulièrement votre autocritique : ouvrir votre boîte de réception, vous rendre à un événement social, avoir une conversation difficile, commencer une séance de sport ou vous coucher après une journée éprouvante. La répétition peut être utile parce qu’elle rend la phrase plus facile à retrouver, mais la répétition seule n’est pas l’élément actif.
Essayez plutôt une expérience qu’un grand engagement. Choisissez une phrase crédible pendant une semaine. Utilisez-la à un moment prévisible et observez si elle change quelque chose de modeste : votre envie de commencer, le ton que vous employez avec vous-même, le temps passé à ruminer ou votre capacité à faire le prochain pas. Si rien ne change, prenez-le comme un retour d’information, pas comme un échec. Modifiez la formulation, le moment ou le soutien qui l’accompagne.
Il est également utile de distinguer l’affirmation de soi de l’auto-illusion. « Je peux me préparer à cette conversation » soutient l’action. « Cette conversation se passera forcément parfaitement » fait une promesse que personne ne peut tenir. La première peut vous stabiliser. La seconde risque de vous laisser encore plus découragé si la réalité est désordonnée.
Quand faut-il chercher davantage de soutien que des affirmations positives ?
Les affirmations positives ne suffisent pas lorsque la baisse de moral, l’anxiété, les symptômes liés à un traumatisme, les difficultés alimentaires, la consommation de substances ou la haine de soi sont intenses, persistants ou affectent votre capacité à fonctionner. Dans ces moments, le dialogue intérieur peut être un petit soutien, mais l’aide de professionnels et de vos proches devrait porter une part plus importante du poids.
Envisagez de parler à un professionnel de la santé mentale habilité, à un médecin ou à une personne de confiance si vous vous sentez désespéré la plupart des jours, si vous vous éloignez de la vie, si vous n’arrivez plus à gérer les tâches quotidiennes ou si vous avez des pensées de vous faire du mal. Vous méritez une aide qui dépasse largement une phrase motivante.
Si vous risquez de vous faire du mal ou si vous ne vous sentez pas capable de rester en sécurité, demandez immédiatement une aide locale urgente. Aux États-Unis et au Canada, appelez ou envoyez un SMS au 988, le Suicide & Crisis Lifeline. Ailleurs, contactez le numéro d’urgence local ou un service de crise de votre pays. Si vous le pouvez, dites à quelqu’un près de vous ce qui se passe et restez en contact avec cette personne pendant que vous cherchez de l’aide.
Ce qu’il y a de réconfortant, ce n’est pas que vous devriez pouvoir sortir de la souffrance grâce aux affirmations positives. C’est que vous n’avez pas à traverser cette souffrance seul. Une phrase crédible comme « je peux faire le prochain pas sûr » peut être utile, et ce prochain pas peut consister à demander de l’aide.
FAQ : les affirmations positives fonctionnent-elles ?
Les affirmations positives peuvent être utiles, mais elles fonctionnent mieux comme soutien personnel réaliste fondé sur les valeurs, et non comme promesse que nos pensées contrôlent tout. Voici les questions que nous posent le plus souvent des personnes dont le scepticisme est parfaitement compréhensible.
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